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Mai 2021

Protocole d’hémorragie massive : Déclaration des paramètres de qualité

Troy Thompson,
Gestionnaire régional

Le recours à des paramètres de qualité en santé n’est pas un nouveau concept. La déclaration et l’analyse de paramètres de qualité favorisent l’amélioration et augmentent la transparence au sein du système de santé. Des paramètres de qualité normalisés ont été mis au point dans le cadre du Protocole d’hémorragie massive (PHM) de la province afin de faciliter l’évaluation et l’amélioration au fil du temps d’activités spécifiques dans divers hôpitaux et de permettre de faire des comparaisons entre établissements.

La trousse du PHM recommande de prendre en compte huit (8) paramètres de qualité pour évaluer la démarche liée au PHM dans un établissement.

  • La proportion de patients traités par acide tranexamique dans l’heure suivant l’activation du protocole.
  • La proportion de patients qui ont commencé à recevoir une transfusion de globules rouges dans les 15 minutes suivant l’activation du protocole.
  • La proportion de patients (ayant besoin d’un transfert pour assurer leurs soins) pour qui l’appel de transfert a été fait dans les 60 minutes suivant l’activation du protocole.
  • La proportion de patients dont la température atteignait > 35 ⁰C à la fin du protocole.
  • La proportion de patients dont le taux d’hémoglobine s’est maintenu entre 60-110 g/L durant l’activation du protocole, sauf dans certaines populations pédiatriques (ex. les nouveau-nés) qui peuvent avoir besoin de taux d’hémoglobine plus élevés.
  • La proportion des patients qui sont passés à des globules rouges et à du plasma correspondant à leur groupe sanguin dans les 90 minutes suivant leur arrivée ou le début de l’hémorragie.
  • La proportion de patients qui ont bénéficié d’une activation appropriée (> 6 unités de GR dans les 24 premières heures; >40 ml/kg/24 heures de GR chez les patients pédiatriques) ou moindre parmi les patients qui sont morts d’hémorragie au cours des 24 premières heures.
  • La proportion de patients pour qui il n’y a eu aucun gaspillage de produit sanguin (y compris toute unité de plasma dégelée non transfusée à un autre patient dans le délai de 5 jours).

Un portail de déclaration des paramètres de qualité a été créé pour capter les huit (8) paramètres de qualité du PHM. Le portail de déclaration est un outil validé et gratuit qui permettra aux utilisateurs de déclarer et de surveiller les paramètres de qualité propres à leur établissement. Le portail comprendra aussi une interface avec un « tableau de bord », un outil dynamique et interactif qui permettra de visualiser et d’évaluer rapidement leurs paramètres au fil du temps ainsi que de les comparer aux données provinciales. Des graphiques comme celui qui est illustré ci-dessous fourniront aux utilisateurs des macrodonnées pour chaque paramètre de qualité saisi par leur établissement.

Déclaration de paramètres de qualité propres à l’établissement

L’emploi d’un outil de visualisation des données ou d’un « tableau de bord » pour les activités liées aux soins de santé fournit aux hôpitaux un outil de gestion du rendement qui permet de mesurer, de surveiller et d’évaluer plus efficacement le rendement et les activités d’amélioration de la qualité. Ces outils forment une plateforme dynamique de transmission, d’analyse et d’affichage des paramètres en « temps réel ». L’accès aux données en « temps réel » permet aux utilisateurs de cerner les secteurs problématiques et les causes profondes et d’améliorer rapidement leur rendement. L’élaboration, la normalisation et la déclaration de normes de qualité relatives au PHM provincial permettront aux utilisateurs d’évaluer leur propre rendement et de le comparer à des repères provinciaux. La détection de « données aberrantes » ou d’un rendement inacceptable favorisera les initiatives d’amélioration de la qualité qui se traduiront en fin de compte par de meilleurs soins aux patients.

ORBCoN a organisé le 30 avril un forum pédagogique pour souligner le lancement officiel de la trousse d’outil du PHM. Dans sa présentation, le Dr Avery Nathens a parlé de l’importance de revoir toutes les activations du protocole à des fins d’assurance qualité. Il a souligné les stratégies de mise en œuvre et de suivi des 8 paramètres de qualité du PHM et expliqué comment nous pouvons apprendre et utiliser les données de paramètres tant locaux que provinciaux.

La présentation archivée du Dr Nathens ainsi que les autres présentations de l’événement en ligne du 30 avril peuvent être consultées ici.

Pour obtenir plus d’information au sujet du Protocole d’hémorragie massive (PHM) de la province, veuillez vous rendre à l’adresse https://transfusionontario.org/fr/categorie/protocole-dhemorragie-massive/

Références

Callum JL, Yeh CH, Petrosoniak A, et al. A regional massive hemorrhage protocol developed through a modified Delphi technique. CMAJO 2019 Sep 3;7(3):E546-E561.


May 27th: CBS Inventory and Engineering perspectives in Future presented by Mr. Rick Prinzen


Jumeler les connaissances de laboratoire et les connaissances cliniques pour offrir de meilleurs soins aux patients difficiles à transfuser

Tracy Cameron MLT 1, Wendy Owens ART 1, Waseem Anani MD2, Sheena Scheuermann MLT1, Allison Collins MD1, Julia Gilmore2, Irene Dines2, Hertha Hughes MLT3

Réseau régional ontarien de coordination du sang1, Société canadienne du sang2, Quinte HealthCare, Hôpital général de Belleville3

Les 13 et 14 avril derniers, le Réseau régional ontarien de coordination du sang (RRoCS) s’est associé avec la Société canadienne du sang (SCS) pour organiser notre 16e événement annuel de formation en médecine transfusionnelle. Cette année, l’événement a combiné les apprentissages pratiques et les apprentissages théoriques à l’intention des professionnels de la santé ontariens. L’événement qui avait pour thème « Jeu, set et match » se concentrait sur les patients à forte incidence d’allo-immunisation.

Environ un mois avant l’événement, des échantillons ont été préparés à l’aveugle et acheminés aux 50 hôpitaux de la province qui s’étaient inscrits pour participer à un exercice. Les échantillons accompagnés de scénarios de cas ont été fournis à trois groupes en fonction de leurs capacités :

  • Le niveau 1 comprenait les hôpitaux qui avaient une capacité minimale d’effectuer des analyses de base liées aux transfusions (groupe sanguin, facteur Rh et dépistage d’anticorps seulement)
  • Le niveau 2 regroupait les établissements autorisés à effectuer une identification de base des anticorps, et
  • Le niveau 3 était celui des hôpitaux tertiaires ayant la capacité d’identifier des anticorps rares et de travailler à des cas plus complexes

L’exercice a été organisé de manière à ce qu’un hôpital de niveau 3 reçoive des échantillons correspondants aux trois niveaux, qu’un hôpital de niveau 2 reçoive des échantillons des niveaux 1 et 2 et qu’un hôpital de niveau 1 ne reçoive que des échantillons de son niveau. La figure 1 illustre le nombre d’établissements participants.

Les technologues ont eu environ 4 semaines pour compléter leurs analyses et ont reçu un questionnaire dans lequel inscrire leurs résultats. La figure 2 montre le nombre de participants de chaque niveau qui ont présenté des résultats. Après la fin de l’exercice, on a colligé les résultats des questionnaires et créé une présentation. Le 13 avril, trois webinaires ont permis de revoir les résultats et d’aborder les principaux apprentissages découlant de l’analyse de ces échantillons.

Le 14 avril, une plateforme d’apprentissage en ligne (GoToWebinar®) a servi à la diffusion de quatre présentations en direct, une fois le matin et une fois l’après-midi. Ces présentations portaient sur la prise en charge en clinique et au laboratoire de patients atteints de pathologies exigeant souvent des transfusions et chez qui le risque d’allo-immunisation est élevé. Des experts en médecine transfusionnelle ont fourni des conseils tirés de la théorie, de données probantes et de la pratique sur la prise en charge optimale de ces patients.

La première présentation a porté sur les données démographiques liées aux patients atteints de drépanocytose (anémie falciforme) et sur les soins cliniques à leur apporter. Le nombre de cas augmente en Ontario;

on a donc recommandé que les hôpitaux de toute la province soient en mesure de soigner ces patients de façon sécuritaire. La présentation du Dr Jacob Pendergrast du Réseau universitaire de santé a défini les principes et les indications d’une transfusion de globules rouges pour ces patients, en insistant sur l’importance de choisir avec soin les globules rouges à transfuser et de reconnaître l’hyperhémolyse qui peut menacer le pronostic vital.

Dans la deuxième présentation, la Dre Yulia Lin du Centre des sciences de la santé Sunnybrook, s’est intéressée aux patients atteints d’un syndrome myélodysplasique et aux approches requises pour trouver des produits sanguins qui leur conviennent. La plupart des patients atteints de ce syndrome dépendent de transfusions,

ce qui est associé à une baisse de leur taux de survie et à une diminution globale de leur qualité de vie. La Dre Lin a partagé de l’information sur la possibilité de faire des transfusions à ces patients en clinique externe, tout en reconnaissant le manque de lignes directrices solides pour guider la transfusion dans cette population particulière de patients.

L’équipe formée par Mme Melanie Tokessy et le Dr Johnathan Mack de l’Association régionale des laboratoires de l’Est de l’Ontario et de l’Hôpital d’Ottawa a donné la troisième présentation. Melanie a d’abord expliqué comment les échantillons sont traités en laboratoire afin de trouver le produit le mieux apparié aux patients atteints d’anémie hémolytique auto-immune.

Elle a décrit les procédures de mise en place des analyses et les exigences entourant l’épreuve de compatibilité croisée dans le but de trouver les unités qui conviendront le mieux à ces patients. Ensuite, le Dr Mack a abordé les indications de transfusion dans cette population de patients et les raisons pour lesquelles les médecins doivent être prudents lorsqu’ils optent pour la transfusion; il a aussi parlé de l’importance de ne pas s’abstenir de transfuser un patient présentant une hémolyse potentiellement mortelle. Il a décrit les raisons pour lesquelles il faut surveiller les réactions à la transfusion afin d’orienter le traitement. Il a aussi fourni des solutions de rechange à la transfusion de sang pour ce groupe de patients.

Le rapport préliminaire de présences est illustré à la figure 3. La plateforme GoToWebinar® a été un excellent choix et a permis aux participants de poser facilement des questions aux conférenciers. Les séances ont été enregistrées; on pourra les visionner sur le site Web www.transfusionontario.org d’ici.